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avril

La Lettre et l’Esprit – Mars Avril 2016

Bonjour !

                                                                    Bonjour !

              Bonjour !

                                      Bonjour ! …..

Il semblerait qu’il y ait à la Maîtrise 26 façons de dire bonjour …au moins dans le cadre du stage préparatoire à la mise en scène du Petit Ramoneur ce vendredi 11 Mars dernier…
Fort instructif quant aux comportement des Maîtrisiens et leur capacité à s’exprimer, assez étonnante pour certains a priori peu enclins à s’extérioriser.
Une belle surprise donc et l’espoir de retrouver ce même engagement dans le répertoire choral !
Ce qui soulève la question suivante  qui devrait tarauder nombre de chefs de choeurs d’enfants (mais pas que) :
Comment parvenir à l’expression individuelle dans un cadre collectif ?
Ou comment transformer une troupe à tendance naturellement moutonnière en une meute de jeunes loups aguerris ?
Sans doute la petit nombre qui évite la dilution des énergies individuelles dans le groupe (effet de masse) y contribue !
L’idéal serait même de travailler le plus souvent possible à 1 par voix.
En tous cas cette expérience de la scène ne peut que rejaillir sur l’engagement individuel de chacun dans le chant, nécessaire à l’expression collective .
En effet, si « comme le souligne le philosophe »( non pas Pierre Dac cette fois,) « la stimulation collective par la recherche de l’excellence peut être source de progrès individuel » l’inverse me semble tout aussi vrai. (A méditer!)
Ce samedi 19 Mars dernier, j’auditionnai 10 louvettes ….et un louveteau !
Même si ces jeunes pousses n’ont pas toutes le profil « carnassier » souhaité ( entendez par là, l’énergie et les qualités musicales et vocales a minima),et donc ne rejoindront pas toutes la meute à la rentrée prochaine,il n’empêche que l’année 2017 sera certainement en ce qui nous concerne l’année des filles ! (très vraisemblablement 20 filles …et 3 garçons,une proportion donc totalement inversée par rapport aux années précédentes).Pour autant, ne souhaitant pas que la Maîtrise de Bretagne devienne un choeur exclusivement féminin, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le pourquoi de la chose surtout si l’on considère que la Maîtrise de Caen, la plus proche géographiquement de la nôtre ,est exclusivement composée de garçons et, ce , semble t-il sans aucun problème apparent. Ceux d’entre vous qui ont eu la curiosité de visionner le reportage sur cette Maîtrise référencée dans ma dernière Lettre ont pu constater l’excellent niveau de cet ensemble.
Pour autant, compte tenu de la qualité des nouvelles recrues et du groupe Maîtrisien résiduel en Septembre 2016 et malgré les 9 départs attendus ( le tiers de l’effectif … du jamais vu!), je n’ai aucune inquiétude sur l’avenir du groupe quant à la qualité musicale .

Un grand merci aux quelques Maîtrisiens Rennais qui ont participé à l’enregistrement des « Vêpres de St Patern » de Christian Couchevelou avec la Maîtrise de Vannes ( CD à paraître en Décembre 2016) .
Ce mois de Mars a vu par ailleurs notre retour à la Chapelle de l’Hôtel-Dieu , lieu emblématique de la Maîtrise , où nous avons chanté ce magnifique programme de Musique Allemande du XVIIè siècle qu’on aurait pu intituler « tout sauf Jean Sebastien » (tout en Allemand svp!).
Le choeur d’hommes de la Maîtrise semble avoir eu quelques frayeurs ( programme monté comme d’habitude en une répétition + un raccord …) mais s’en est bien tiré malgré le désistement inattendu de nos deux ténors les plus solides ; le motet en double choeur «  Das ist meine Freude » de Johann Ludwig Bach semble avoir a fait sensation..Commentaire d’un proche de la Maîtrise que je ne nommerai pas : « Pour une fois on aurait du faire payer l’entrée !»
Eloquent n’est-il pas ?
Antérieurement à ce solide programme Baroque, nos fidèles auditeurs ( entre 60 et 100 personnes chaque vendredi ce n’est pas si mal)ont pu apprécier u programme de chansons traditionnelles de Hte Bretagne ( enregistrement à venir) et un programme de Musique Française du XXè siècle au cours duquel on a pu entendre notamment des extraits de la Messe de St Melaine de Charles Augustin Colin Maître de Chapelle de Notre Dame en St Melaine au tournant du XXè siècle.
La chapelle du CRR n’étant plus disponible toute cette fin d’année pour cause d’examens nous deviendrons donc « nomades » dans les mois suivants ( Chapelle de l’Hôtel-Dieu ,Eglise du Thabor, ,Auditorium de l’Assomption)ce qui n’est pas sans poser de problèmes logistiques ( déménagements d’instruments à chaque fois)sans compter l’inadéquation de certains programmes au lieu ( programme du 1 Avril…dont je vous laisse imaginer la teneur) à la Chapelle de l’Hôtel-Dieu par exemple. Bon ça ne gênera peut-être pas tant que ça de monde et comme le dit qui vous savez « le Bon Dieu en a vu d’autres ! »
Les Maîtrisiens devront donc s’adapter à chaque fois à des acoustiques contraires ( de « carton à chaussure » à « hall de gare »)et ce n’est évidemment guère confortable en comparaison de nos collègues de Caen qui ont la chance de chanter tous les samedis midi dans la magnifique chapelle Baroque de la Gloriette mise à leur disposition par la Ville de Caen et dont ils sont les seuls affectataires …Rêvons un peu  !

 

In Memoriam :

Nikolaus Harnoncourt dit « Le Pape du Baroque » ( Erudit 1er)

Nikolaus Harnoncourt a révolutionné l’interprétation des œuvres du répertoire ancien par l’adoption des instruments dits « d’époque » : violons avec cordes en boyaux, trompettes naturelles, Flûtes traversières sans clef etc.
(Même si d’autres musiciens avaient avant lui expérimenté ces instruments, Paul Hindemith par exemple).
Ses recherches musicologiques poussées quant à l’interprétation des répertoires d’avant 1800 et appliquées aux répertoires classiques et romantiques ( Harnoncourt a ainsi démontré l’évidence d’une filiation entre la polyphonie Renaissance et Johannes Brahms par exemple) ont influencé et inspiré toute une génération de chefs d’orchestre .Même en dehors des ensembles spécialisés, on ne joue plus Mozart de la même façon ( articulation, maîtrise du vibrato …) sauf peut être dans quelque orchestre routinier dont je tairai le nom….
Nikolaus Harnoncourt a enregistré l’intégrale des Cantates de Bach en duo avec Gustav Léonhardt, autre « pape du baroque » (Erudit II ) également disparu il y a peu.
Cette somme ( plus de deux cents cantates) constitua dans les années 70-80 le premier enregistrement intégral des ces joyaux du baroque sur instruments anciens avec, comme à l’époque de Bach, des voix de garçons aussi bien dans les choeurs que dans les solos.
Les grandes œuvres sacrées de Jean Sébastien ont également fait l’objet des soins attentifs de Nikolaus Harnoncourt , les Passions et surtout une stupéfiante interprétation de la Messe en Si (au programme de la MDB en 2019 pour ses 30 ans?) avec le célébrissime choeur des Petits Chanteurs de Vienne …. à écouter d’urgence (Editions Teldec).

 

A écouter également,le magnifique dernier enregistrement de Damien Guillon
( promo. 1997) et de son ensemble « Le Banquet Céleste » .
-cf. article à venir-

 

JM Noël,le 25/03 2016